Etude thématique
Un énigmatique vantail de porte du XVIIe siècle (1661) « dressé » à la hache : étude de fabrication.
Etude d’un vantail de porte à lames jointives du XVIIe siècle découvert dans la maison-forte de la Faverie à Saint-Fraimbault (Orne). Exceptionnellement bien conservé, il se distingue par ses éléments taillés à la hache ou à l’herminette, plutôt que corroyés à la varlope. L’absence de parement de référence, habituellement nécessaire pour le traçage et la réalisation, nous a poussé à analyser ses caractéristiques pour reconstituer son énigmatique processus de fabrication.
Etude n°37002
Verneuil-le-Château (37) - Château de la Tour-du-Raynier
Le château de la Tour-du-Raynier conserve une remarquable authenticité et nombre de ses dispositions d'origine. Son impressionnante tour en fer à cheval et les deux logis qui la prolongent renferment plusieurs éléments de leurs fenêtres. Deux photos des années 1970 montrent un vestige dans la tour qui est aujourd'hui perdu. Le grand logis qui lui est accolé conserve par contre une belle demi-croisée du début du XVIe siècle avec la totalité de ses châssis. Le petit logis en continuité n'est pas en reste, sa croisée étant encore fermée dans sa partie inférieure par ses vantaux vitrés et ses volets de la fin du XVe siècle.
Etude n°37003
Etude n°37004
Beaulieu-lès-Loches (37) - Maison - 6, rue Bourgeoise
Cette maison s'insère dans le tissu le plus ancien de la ville médiévale. Datable de la première moitié du XIIIe siècle et regroupant probablement des fonctions domestique et économique à une époque d'expansion du bourg favorisée par la fondation de l'abbaye de la Trinité, elle a été profondément remaniée à la fin du XVe siècle ou au début du suivant. C'est son pignon sur rue qui le montre le mieux, puisque ses deux grandes fenêtres qui intégraient initialement des baies géminées ont été en partie murées pour y insérer une croisée et une demi-croisée. Au même niveau, un petit jour a également été percé dans la maçonnerie. Rien ne subsiste des clôtures du XIIIe siècle, mais par chance les fenêtres postérieures conservent une partie importante de leurs châssis. Cette première étude (n°37003) est consacrée à ces vestiges. Si la croisée a perdu ses vantaux vitrés du bas, elle a su préserver ceux du haut. Le petit jour conserve lui aussi son volet de cette période. Le plus beau témoin est une demi-croisée complète et en parfait état de conservation de la fin du XVIe siècle, voire du début du suivant. Celui-ci a fait l'objet d'une seconde étude (n°37004).
Etude n°14038
Lisieux (14) - Manoir des Mathurins
Malgré l'intérêt d'Arcisse de Caumont dès 1867 et, un demi-siècle plus tard, de Raymond Quenedey, l'énigmatique manoir des Mathurins n'est plus guère qu'un fantôme en quête de résurrection. Au début des années 2000, il conservait trois fenêtres de deux époques différentes avec leurs châssis d'origine plus ou moins complets. En 2006, les châssis du pavillon sud ont été vandalisés et détruits en grande partie. Entre 2018 et 2021, deux châssis du pavillon nord ont été volés. Aujourd'hui, il en reste un qui était peu visible et bloqué par un escalier. Nous avons pu heureusement documenter ces ensembles avant leur disparition. Ils témoignent des deux conceptions adoptées pour vitrer les vantaux jusqu'au XVIIe siècle. Malgré les pertes, le récent achat de ce manoir ouvre à n'en pas douter une nouvelle page de son histoire après ces deux décennies d'abandon.
Etude n°14040
Bénouville (14) - Château
Parmi les rares œuvres préservées de Claude-Nicolas Ledoux, la Normandie peut s’enorgueillir d'avoir le château de Bénouville, construit sur le cours de l'Orne au nord de Caen. L'édifice, réalisé peu avant la célèbre saline d'Arc-et-Senans, renverse les codes de la noble et sage architecture de la capitale bas-normande. Heureusement épargné par le dernier conflit mondial, malgré la proximité des premiers débarquements des forces alliées, il conserve nombre de ses dispositions d'origine, dont l'essentiel de ses croisées à grands carreaux réalisées dans les années 1770. On peut encore y observer de précieux verres soufflés de cette période et quelques traces de dorure sur les espagnolettes. Son histoire, bien documentée par les sources écrites, relate les étapes tumultueuses de sa construction. Elles nous permettront d'expliquer certaines caractéristiques de ses croisées et de retracer la mise en œuvre de ses persiennes, déposées à la fin des années 1920 sans questionnement particulier.
Etude n°14041
Région de Bayeux (14) - Château
Ce château, édifié dans les années 1750, conserve la majeure partie de ses croisées d'origine, dont certaines ont été restaurées récemment. Lors de cette campagne de travaux, nous avons récupéré un châssis coulissant hors d'usage pour l'étudier en détail, ce type d'ouvrage étant devenu rare. Nous en avons caractérisé la fabrication dans notre étude des croisées de l'ancien presbytère de Bonnebosq (étude n°14033) en la comparant avec les indications de Jacques-André Roubo dans son Art du menuisier publié en 1769. Ici, le châssis est sans meneau et de conception élémentaire. Pas de barre à queue pour installer et démonter éventuellement le châssis mobile, d'où un problème pour changer les carreaux, comme nous le verrons.
Etude n°56011
Locmalo (56) - Château de Ménoray
Le château de Ménoray conserve un bel ensemble de croisées qui éclaire la longue galerie occupant tout le deuxième niveau de l'aile ajoutée dans les années 1720 au logis principal édifié au XVIIe siècle. Au vu de leurs grands carreaux, il s'agit d'une deuxième génération de menuiseries extérieures venue remplacer la première à petits carreaux. Ce n'est pas cette caractéristique, somme toute classique, qui nous intéressait pour envisager cette étude, mais plutôt la persistance en Bretagne d'un ferrage des volets sur les vantaux vitrés, méthode abandonnée ailleurs depuis longtemps au profit d'un montage plus étanche des volets sur le bâti dormant. Si le château de Ménoray est le fruit d'une évolution complexe qui demande une lecture approfondie pour en déceler les étapes, nous verrons que ses croisées ne sont pas en reste et qu'elles aussi nécessitent une analyse détaillée et méticuleuse pour en comprendre la conception et tenter de les dater.